Comment utiliser l’intelligence artificielle pour booster sa création de contenu sans perdre sa touche personnelle
Pourquoi l’IA ne va pas “tuer ta patte” (si tu l’utilises bien)
L’intelligence artificielle fait flipper beaucoup de créateurs et d’entrepreneurs : “Tout le monde va produire les mêmes contenus”, “On va perdre notre authenticité”, “Les posts seront tous aseptisés”. Spoiler : ce n’est vrai que si tu l’utilises mal.
Bien utilisée, l’IA ne remplace pas ta personnalité, elle amplifie ta productivité. Elle t’aide à aller plus vite sur tout ce qui est mécanique (recherches, structures, reformulations), pour que tu puisses mettre ton énergie là où personne ne peut te copier : ton expérience, ton ton, ta vision.
La vraie question n’est donc pas : “Faut-il utiliser l’IA ?” mais “Comment l’utiliser sans perdre ta touche personnelle ?” C’est ce qu’on va voir, étape par étape, avec des exemples concrets à adapter à ton propre business.
Ce qu’il faut absolument garder “100% humain” dans tes contenus
Avant de parler outils, on clarifie ce qui ne doit pas être délégué à l’IA si tu veux rester identifié comme une voix forte dans ton domaine.
Trois choses doivent rester ton territoire :
- Ta vision : ce que tu penses vraiment de ton marché, de ton métier, de ton audience. Les prises de position, c’est toi. Pas ChatGPT.
- Ton vécu : histoires clients, galères personnelles, coulisses, essais ratés, apprentissages. L’IA peut t’aider à structurer, mais pas à les inventer.
- Ton ton : tes expressions, ton niveau de langage, ton humour (ou ton absence d’humour, ça marche aussi). C’est ce qui fait que quelqu’un se dit “Je sais que c’est toi, rien qu’en lisant.”
Si tu gardes ça en tête, l’IA devient un co-pilote. Elle ne décide pas de la destination, elle t’aide juste à y arriver plus vite, avec moins de charge mentale.
3 usages de l’IA qui boostent ta création de contenu (sans t’effacer)
Plutôt que de demander à l’IA “Écris-moi un post LinkedIn sur X”, on va la faire travailler là où elle est forte, et toi là où tu es irremplaçable.
Voici 3 usages à mettre en place immédiatement.
Utiliser l’IA comme moteur de recherche créatif, pas comme rédacteur fantôme
Tu peux utiliser l’IA pour gagner en clarté sur tes idées et identifier les angles pertinents… sans lui laisser les clés de ton style.
Exemples d’usages malins :
- Brainstormer des angles de contenu à partir d’un thème que TU as défini.
- Identifier les objections de ton audience sur un sujet (pour y répondre dans tes posts).
- Explorer des formats possibles : carrousel, thread, vidéo courte, article long, etc.
Exemple concret :
Tu es coach business et tu veux parler de “syndromes qui bloquent la création de contenu”. Tu peux demander à une IA :
“Liste-moi les croyances limitantes les plus fréquentes qui empêchent les solopreneurs de publier sur les réseaux sociaux. Donne-moi au moins 15 idées, sous forme de puces.”
Tu obtiens une base brute. À partir de ça, tu fais le tri :
- Tu gardes ce qui correspond à ce que TU observes sur le terrain.
- Tu ajoutes tes exemples clients, ton jargon, tes propres formulations.
- Tu élimines ce qui ne colle pas à ta cible ou à ton expérience.
L’IA t’a fait gagner du temps sur la phase de “vidage de cerveau”, mais la sélection, la hiérarchisation et le ton restent les tiens.
Utiliser l’IA comme “architecte” de tes contenus longs
Un des meilleurs usages de l’IA pour les créateurs de contenu sérieux : la structure. L’IA est excellente pour t’aider à organiser tes idées de manière logique et digeste.
Tu peux par exemple lui donner :
- Un sujet précis
- Ton audience cible
- L’objectif du contenu (éduquer, vendre, engager, rassurer…)
Et lui demander :
“Propose-moi 3 plans détaillés d’article de blog sur [sujet], adaptés à [audience], avec un ton [pro]. Je veux un contenu actionnable, structuré par sections avec des sous-parties.”
Ensuite :
- Tu choisis le plan qui te parle le plus.
- Tu ajustes l’ordre des parties.
- Tu ajoutes les idées, exemples, cas clients que l’IA ne connaît pas.
Tu peux refaire la même chose pour :
- Les scripts de vidéos YouTube
- Les épisodes de podcast
- Les masterclass ou webinaires
Ton cerveau n’est plus bloqué sur “par quoi commencer ?” : tu as un squelette clair, et tu peux te concentrer sur la valeur ajoutée et la personnalité.
Utiliser l’IA comme “sparring partner” pour améliorer ton message
Beaucoup de contenus échouent non pas parce que l’idée est mauvaise, mais parce qu’elle est mal formulée ou confuse. Là-dessus, l’IA peut être ton meilleur sparring partner.
Tu peux lui donner ta version brute :
“Voici un texte que j’ai écrit pour un carrousel Instagram. Améliore uniquement la clarté, sans changer le ton ni ajouter de nouvelles idées. Propose 2 versions plus fluides, en gardant mon style direct et bienveillant.”
Clé importante : tu précises ce que tu veux garder (ton, vocabulaire, angle) et ce que tu veux qu’elle améliore (clarté, rythme, structure).
Tu peux aussi lui demander :
- De raccourcir un texte trop long sans perdre le fond.
- De te proposer 3 accroches alternatives plus percutantes.
- De reformuler un paragraphe pour qu’il soit compris par un débutant.
L’objectif : garder ton contenu comme base, et utiliser l’IA comme “relecteur musclé” qui challenge ta formulation.
Comment entraîner une IA à parler (presque) comme toi
L’erreur la plus fréquente : balancer un prompt générique et se plaindre que “l’IA parle comme un robot de 2012”. Elle ne connaît pas ton style tant que tu ne lui as pas montré.
Tu peux la “former” à ta patte en 3 étapes.
Étape 1 : lui donner des exemples de ton style
Récupère :
- 3 à 5 posts dont tu es fier(ère)
- 1 ou 2 newsletters représentatives de ton ton
- Un script ou un article où tu te sens “vraiment toi”
Colle-les dans l’IA et demande-lui :
“Analyse le style d’écriture de ces textes : ton, longueur des phrases, niveau de langage, particularités. Décris-moi précisément ce style.”
Tu obtiens un “portrait-robot” de ton style. Tu peux ensuite t’en servir comme base dans tous tes prompts :
“Adopte le style décrit ci-dessus (phrases courtes, ton direct, pédagogique, légèrement cash mais bienveillant, etc.) pour m’aider à…”
Étape 2 : corriger jusqu’à ce que ça colle à toi
Ne t’arrête pas au premier jet. Dis à l’IA ce qui ne va pas :
- “C’est trop formel.”
- “C’est trop lisse, ose des formulations plus franches.”
- “Tu peux raccourcir de 20 % et couper les phrases inutiles.”
Au fil des échanges, tu affines. L’idée n’est pas qu’elle te remplace, mais qu’elle produise une base suffisamment proche de ton style pour que tu puisses l’éditer rapidement.
Étape 3 : garder la main sur la dernière version
Règle d’or : tout ce qui sort de l’IA passe par ton cerveau avant d’être publié.
Tu relis en te posant trois questions :
- “Est-ce que je dirais vraiment ça comme ça à un client ou à un ami ?”
- “Est-ce que ça reflète ce que je pense pour de vrai ?”
- “Est-ce qu’il y a au moins un exemple, une anecdote, un résultat concret issu de mon expérience ?”
Si la réponse est non : tu ajustes, tu ajoutes du vécu, tu vires les phrases creuses. C’est ce dernier passage qui fait la différence entre un contenu “IA générique” et un contenu qui te ressemble.
Comment éviter l’effet “contenu cloné” que tout le monde redoute
Si tout le monde utilise les mêmes prompts, les mêmes outils et la même logique, oui, les contenus vont se ressembler. La bonne nouvelle, c’est que tu peux facilement éviter ça.
Focus sur 4 leviers différenciants.
Ajoute systématiquement du contexte propre à ton business
Tu peux faire prendre un tournant beaucoup plus spécifique à l’IA juste en donnant plus d’infos en amont :
- Qui tu es (coach, créateur, e-commerçant, freelance…)
- Qui est ta cible (niveau, problématiques, secteur)
- Ce que tu vends derrière (offre, prix, format)
Exemple de prompt enrichi :
“Je suis [profil], j’aide [cible] à [résultat] grâce à [offre]. Mon ton est [style]. Je veux créer un post LinkedIn qui répond à l’objection suivante de ma cible : [objection]. Propose-moi une structure de post sous forme de plan, sans rédiger le texte complet.”
Tu remarqueras qu’on lui demande d’abord la structure, pas le texte final. Tu gardes ainsi la main sur le wording.
Injecte des données, des chiffres et des exemples réels
Les contenus IA génériques restent très vagues : “il est important de”, “vous devez”, “la clé est de…”. Ta meilleure arme contre ça : des preuves concrètes.
Tu peux :
- Ajouter les chiffres de tes propres expérimentations (taux de clics, reach, ventes, réponses à un sondage).
- Parler d’une campagne que tu as gérée, avec ce qui a marché et ce qui a foiré.
- Décrire précisément une situation client (sans le doxxer).
Tu peux même demander à l’IA :
“Voici une étude de cas client que j’ai rédigée en vrac. Aide-moi à la structurer façon avant / après / plan d’action / résultats, en gardant mes exemples chiffrés.”
L’IA ne peut pas inventer ce que tu as vécu sur le terrain. C’est ton meilleur avantage compétitif.
Assume ton opinion (même si elle est clivante)
Si tu demandes à une IA “rédige un article neutre, équilibré, pour plaire à tout le monde”, tu obtiens le contenu le plus oubliable de la Terre.
Tu peux au contraire lui indiquer ton angle dès le départ :
- “Je veux défendre l’idée que [opinion forte]. Aide-moi à structurer mon argumentation en 3 points, avec un ton assumé mais respectueux.”
Ensuite, tu écris toi-même les parties sensibles, celles où tu prends vraiment position. Tu peux te servir de l’IA pour organiser, nuancer, anticiper les contre-arguments, mais la voix reste la tienne.
Transformer une seule idée en plusieurs contenus (sans te dédoubler)
Là où l’IA devient un vrai levier de productivité : la réutilisation intelligente d’un même contenu sur plusieurs formats, sans tomber dans le copier-coller bête.
Stratégie simple :
- Tu crées d’abord un contenu “mère” (un article, une vidéo longue, une newsletter).
- Tu fais ensuite aider par l’IA pour en extraire des micro-contenus.
Exemple : tu as un article de blog qui détaille 5 erreurs fréquentes en stratégie de contenu.
Tu peux demander :
- “À partir de cet article, propose-moi 10 idées de posts courts pour LinkedIn, chacun centré sur 1 idée / 1 erreur, sous forme de plan (accroche + idée centrale + call to action). Ne rédige pas le texte complet.”
- “Propose-moi un script pour une vidéo Instagram Reels de 45 secondes basée sur l’erreur n°2, avec une structure accroche / problème / solution / punchline de fin.”
Ensuite, tu ajustes chaque mini-contenu pour garder ton ton, tes exemples, tes formules. Tu n’es plus en train de partir de zéro à chaque fois, mais tu ne deviens pas non plus une usine à contenu cloné.
Limiter les risques d’erreurs, de bullshit et de plagiat
Dernier point important : l’IA est parfois très sûre d’elle… même quand elle invente des infos. À toi de cadrer le jeu.
3 réflexes à adopter :
- Vérifier toutes les infos “externes” : chiffres, références, citations, sources, études. Tu ne publies pas sans double-check.
- Refuser les copier-coller de contenus existants : si tu demandes “inspire-toi de cet article”, utilise l’IA pour résumer, structurer, challenger… mais réécris avec ton ton et tes exemples.
- Limiter l’IA sur les sujets sensibles (juridique, médical, fiscal…) à un rôle de vulgarisation interne : tu gardes la publication sous validation d’un expert humain.
Mini check-list pour utiliser l’IA sans perdre ta touche personnelle
Tu peux t’en servir avant chaque session de création de contenu.
- Est-ce que j’ai clarifié ce qui reste 100 % humain ? (vision, vécu, ton)
- Est-ce que j’utilise l’IA pour ce qu’elle fait le mieux ? (recherche, structure, reformulation, variantes)
- Est-ce que j’ai entraîné l’IA à mon style avec de vrais exemples de mes contenus ?
- Est-ce que je lui demande d’abord des plans, des idées, des structures plutôt que des textes tout prêts ?
- Est-ce que j’ai ajouté des éléments issus de ma réalité : données, cas clients, anecdotes, positions tranchées ?
- Est-ce que j’ai relu et édité chaque texte en me demandant : “Est-ce que je dirais ça comme ça, à voix haute ?”
- Est-ce que j’ai vérifié les chiffres, les sources et les infos factuelles avant publication ?
- Est-ce que je maximise mes contenus “mères” en les déclinant avec l’aide de l’IA sur plusieurs formats ?
Si tu coches ces cases, l’IA devient un levier concret dans ta stratégie de contenu : moins de temps passé à tourner autour d’une page blanche, plus d’énergie pour ce qui fait vraiment la différence en ligne aujourd’hui : ta vision, tes idées et ta manière unique de les raconter.